Après avoir longtemps hésité, quelque chose a changé. Vous ne vous demandez plus vraiment si vous devez changer comme pendant la phase précédente, mais vous vous demandez comment faire.
C’est une différence immense.
Vous entrez dans ce que Prochaska appelle la phase de préparation.
C’est une période pleine d’espoir, de motivation mais aussi pleine de pièges si on n’y est pas préparé.
Qu’est-ce que la préparation ?
Dans cette phase, la décision intérieure est prise.
Vous avez compris que les compulsions ne sont pas une fatalité et vous souhaitez réellement retrouver une relation plus apaisée avec la nourriture.
Vous commencez donc à chercher des solutions :
- vous lisez ;
- vous écoutez des podcasts ;
- vous regardez des vidéos ;
- vous cherchez un thérapeute ;
- vous imaginez votre future vie ;
Le changement devient concret et accessible.
Ce que l’on ressent
Cette phase est souvent marquée par un mélange d’enthousiasme et d’appréhension.
Vous pouvez ressentir :
- l’envie de reprendre votre vie en main ;
- l’espoir que cette fois sera différente ;
- la peur de reproduire les échecs passés ;
- le besoin d’être accompagnée ;
- une impatience de commencer.
Certaines personnes veulent alors tout changer d’un seul coup.
Elles décident de supprimer le sucre, de faire du sport tous les jours, de cuisiner maison, de méditer, de mieux dormir… en quelques jours.
C’est une réaction très fréquente et, c’est aussi souvent, ce qui fragilise le changement.
Le piège du « nouveau départ »
Les personnes qui souffrent de compulsions connaissent souvent ce scénario.
Le lundi devient le jour de la nouvelle vie. Puis vient un écart. Et très vite apparaît cette pensée : « J’ai tout gâché. », alors qu’en fait cela fait parti du process.
En effet, un changement durable ne ressemble jamais à une ligne droite. La ligne droite est réservée à l’électrocardiographe lors de ta mort.
Le changement ressemble davantage à un apprentissage : on avance, on ajuste, on comprend, on recommence.
Ce que prépare réellement cette étape
On croit souvent qu’il faut préparer son alimentation.
En réalité, il faut surtout préparer son environnement et ce que vous allez vivre.
Quels seront vos moments difficiles ? Comment allez-vous gérer vos émotions autrement ?
Qui pourra vous soutenir ? Quelles habitudes souhaitez-vous installer progressivement ?
Quels signaux annoncent généralement une compulsion ?
Plus ces questions trouvent des réponses avant le passage à l’action, plus le cerveau se sent en sécurité et prêt à faire face.
Le rôle du thérapeute
À cette étape, le thérapeute devient un partenaire de construction. Il aide à élaborer un plan réaliste. Il identifie avec vous les situations à risque et il vous aide à anticiper plutôt qu’à subir.
Il travaille également sur les croyances limitantes qui pourraient saboter le changement avant même qu’il commence.
L’objectif n’est pas de viser la perfection mais de construire un changement suffisamment solide pour résister aux difficultés de la vie quotidienne qui ne manqueront pas de se présenter.
Et si votre inconscient avait lui aussi besoin de temps ?
À ce stade, votre motivation est bien présente.
Mais votre cerveau, lui, fonctionne encore avec des automatismes installés depuis parfois des années.
C’est un peu comme si vous aviez décidé d’emprunter un nouveau chemin alors que votre inconscient connaît parfaitement votre route habituelle.
Les premières fois, il aura naturellement tendance à vous ramener vers ce qui lui est familier.
L’hypnose peut accompagner cette période de transition pour faciliter l’installation de nouveaux automatismes, renforcer le sentiment de sécurité face aux changements et mobiliser les ressources dont vous disposez déjà.
En addictologie, on ne cherche pas seulement à supprimer un comportement. On aide le cerveau à construire de nouvelles réponses aux émotions, au stress, aux habitudes et aux déclencheurs du quotidien.
Petit à petit, ce qui demandait un effort conscient devient plus naturel, une nouvelle route se construit et c’est souvent à ce moment-là que le changement commence véritablement à s’ancrer.
Comment sait-on que l’on passe à la phase suivante ?
Le changement n’est plus uniquement dans les intentions mais devient visible.
Vous commencez à agir, à mettre en pratique certaines stratégies en expérimentant de nouveaux comportements.
Vous ne vous contentez plus de préparer votre changement. Vous êtes entrée dans la phase d’action.
Si vous vous reconnaissez dans cette phase…
Si vous avez envie d’avancer mais que vous attendez « le bon moment », rappelez-vous qu’il n’existe jamais de conditions parfaites.
En revanche, il existe de bonnes préparations qui font toute la différence.
Le changement ne repose pas sur une motivation exceptionnelle mais sur un cerveau qui se sent suffisamment en sécurité pour essayer autre chose.
C’est précisément ce que cette étape permet de construire.
À retenir en une phrase :
Le changement se construit avant de se voir.
