Après l’hésitation, la réflexion et la préparation, une nouvelle phase commence.

C’est peut-être en prenant un premier rendez-vous, en modifiant certaines habitudes, en apprenant à accueillir vos émotions autrement, en observant les compulsions avec un regard différent.

C’est la phase de l’action.

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, cette étape n’est pas la fin du parcours.

C’est souvent le début du véritable travail.

 

Qu’est-ce que la phase d’action ?

La phase d’action correspond au moment où les changements deviennent visibles.

Vous ne vous contentez plus d’y penser. Vous les mettez en œuvre.

Cela peut prendre de nombreuses formes :

  • apprendre à identifier vos déclencheurs ;
  • tenir un carnet d’observation ;
  • consulter un thérapeute ;
  • mettre en place de nouvelles routines ;
  • expérimenter d’autres façons d’apaiser vos émotions ;
  • diminuer progressivement certaines habitudes alimentaires.

L’important n’est pas la taille des changements.

C’est leur régularité.

 

Ce qui se passe dans le cerveau

Votre cerveau est en pleine réorganisation.

Pendant des années, il a associé certaines émotions à une réponse automatique : manger.

Aujourd’hui, vous lui proposez une autre voie.

Au début, cela demande beaucoup d’énergie, les anciens circuits neuronaux restent très actifs, les nouveaux sont encore fragiles, c’est pourquoi certaines journées semblent faciles et d’autres extrêmement difficiles.

Cela ne signifie pas que vous régressez. Cela signifie simplement que votre cerveau est en train d’apprendre et comme tout apprentissage, il nécessite de la répétition.

 

Ce que l’on ressent lorsqu’on agit

Cette phase est souvent très contrastée.

Vous pouvez ressentir :

  • de la fierté ;
  • de l’espoir ;
  • davantage de confiance ;
  • mais aussi de la fatigue ;
  • des moments de doute ;
  • et d’autres très difficiles.

En effet, lorsque les compulsions diminuent, certaines émotions qui étaient anesthésiées commencent à être davantage ressenties, la nourriture ne jouant plus le même rôle de protection.

Le cerveau doit apprendre progressivement d’autres stratégies et un accompagnement thérapeutique aide à gérer les raisons profondes qui ont amené à l’addiction.

Les pièges de cette phase

  • le perfectionnisme : il faudrait réussir parfaitement.

À la moindre compulsion, vous concluez donc que tout est perdu alors que pas du tout. Une compulsion n’efface jamais tous les progrès réalisés.

  • l’épuisement : changer demande de l’énergie.

Si vous cherchez à transformer toute votre vie en même temps, votre cerveau risque de se rebeller jusqu’à revenir à des habitudes plus anciennes.

  • La rapidité : beaucoup de personnes cessent trop rapidement les stratégies qui fonctionnent, parce qu’elles pensent aller mieux.

Or c’est précisément lorsque l’on commence à aller mieux qu’il est utile de consolider les nouveaux automatismes.

 

Le rôle du thérapeute

Durant cette période, il vous aide à observer ce qui se passe avant, pendant et après les compulsions.

Chaque difficulté devient une information et chaque réussite permet de renforcer votre confiance.

Petit à petit, vous développez une meilleure compréhension de votre fonctionnement et cela devient l’un de vos plus grands outils.

 

Et si votre inconscient avait lui aussi besoin de temps ?

Même lorsque vous êtes pleinement engagée dans le changement, votre inconscient continue à proposer les anciennes solutions ; pas parce qu’il s’oppose à vous mais parce qu’il connaît ces chemins depuis longtemps.

L’hypnose peut accompagner cette période en renforçant les nouvelles associations. Il permet également de renforcer les ressources déjà présentes en vous : le calme, la confiance, la capacité à faire des choix conscients, ou encore le sentiment de sécurité intérieure.

En addictologie, l’objectif n’est jamais de lutter contre votre cerveau mais de lui apprendre qu’il existe désormais d’autres façons de prendre soin de vous.

Plus les nouvelles expériences sont répétées, plus elles deviennent naturelles.

 

Comment sait-on que l’on passe à la phase suivante ?

Vous n’avez plus besoin d’y penser en permanence, les nouvelles habitudes demandant moins d’effort.

Vous gérez plus facilement certaines situations qui étaient autrefois très difficiles. Les compulsions occupent moins de place dans votre quotidien.

Pour autant, vous savez que des moments compliqués peuvent encore survenir mais vous vous sentez de plus en plus capable d’y faire face.

Vous entrez alors dans la phase de maintien.

 

Si vous vous reconnaissez dans cette phase…

Prenez le temps de regarder le chemin parcouru.

Votre cerveau adore vous rappeler ce qui reste à faire mais il oublie souvent de vous montrer tout ce que vous avez déjà construit.

Chaque choix différent, même minime, renforce progressivement de nouveaux circuits.

Chaque expérience vous apprend quelque chose.

Le changement durable ne naît pas d’une journée parfaite, il naît de centaines de petits ajustements répétés avec bienveillance.

 

À retenir en une phrase

Le changement ne devient durable que lorsque les nouveaux comportements ont le temps de devenir les nouveaux automatismes.

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