Après des mois d’efforts, quelque chose a changé : les compulsions ne dirigent plus votre quotidien comme avant.

Vous avez appris à mieux écouter vos besoins, vous avez découvert d’autres façons de gérer vos émotions et vous avez compris certains mécanismes qui vous maintenaient dans ce fonctionnement.

Mais une nouvelle question apparaît :

« Comment faire pour que ce changement dure ? »

C’est précisément l’objectif de la phase de maintien, également appelée consolidation.

 

Qu’est-ce que la phase de maintien ?

La phase de maintien correspond au moment où les nouveaux comportements commencent à s’intégrer dans votre vie : vous n’êtes plus uniquement dans l’effort et vous commencez à fonctionner différemment.

Ce qui demandait auparavant beaucoup de réflexion devient progressivement plus naturel.

Vous avez construit de nouvelles habitudes :

  • vous repérez davantage vos émotions ;
  • vous identifiez plus rapidement vos déclencheurs ;
  • vous avez développé d’autres stratégies que la nourriture pour vous apaiser ;
  • vous savez davantage écouter votre corps ;
  • vous avez moins besoin de contrôler ou de lutter.

Mais cette phase ne signifie pas que tout est définitivement acquis.

Le maintien est un processus actif.

 

Ce qui se passe dans le cerveau

Le cerveau apprend par répétition.

Au début du changement, les nouveaux comportements ressemblent à un chemin dans une forêt que l’on vient juste de créer, il faut régulièrement l’emprunter pour qu’il devienne plus facile à suivre.

En parallèle, les anciens chemins, eux, existent toujours comme ils ont parfois été utilisés pendant des années. C’est pourquoi une période de stress intense, une émotion difficile ou un événement inattendu peuvent parfois réactiver d’anciens automatismes.

Cela ne signifie pas que vous êtes revenue au point de départ. Cela signifie simplement que votre cerveau possède encore plusieurs options.

Le travail consiste à renforcer celle que vous souhaitez privilégier.

 

Le vécu des compulsions dans cette phase

Les compulsions ne disparaissent pas toujours totalement et c’est essentiel de le savoir car beaucoup de personnes pensent que réussir signifie :

« Je ne dois plus jamais avoir envie de manger émotionnellement. »

Mais l’objectif n’est pas nécessairement l’absence totale d’envie.

L’objectif est de retrouver une liberté de choix.

Entre :

« Une émotion arrive donc je mange automatiquement. »

et :

« Une émotion arrive, je l’écoute, je peux choisir comment y répondre. »

Il existe un espace.

Et c’est dans cet espace que se trouve la liberté.

 

Ce que l’on ressent dans cette phase

Le maintien apporte souvent un sentiment de fierté en réalisant que vous avez changé.

Vous avez dépassé des situations qui semblaient impossibles auparavant mais cette phase peut aussi faire apparaître de nouvelles peurs :

  • « Et si je recommençais comme avant ? »
  • « Est-ce que je vais devoir rester vigilante toute ma vie ? »
  • « Est-ce que je peux vraiment me faire confiance ? »

Et ce qui complique encore les choses est qu’il n’y a pas de réponses à ces questions ce qui implique apprendre à gérer ses doutes.

 

Les pièges de cette phase

  • croire que tout est terminé

Certaines personnes abandonnent leurs nouvelles habitudes dès qu’elles vont mieux.

Elles pensent :

« Maintenant que ça va, je n’ai plus besoin de faire attention. »

Pourtant, le maintien consiste justement à entretenir ce nouvel équilibre, comme une plante que l’on arrose pour qu’elle continue de grandir.

 

  • avoir peur de la rechute

La peur de rechuter peut parfois devenir tellement importante qu’elle crée elle-même de la tension, or la rigidité et le contrôle excessif peuvent être des facteurs qui alimentent les compulsions.

Le but n’est pas de vivre dans la surveillance permanente mais de développer une relation suffisamment sécurisante avec soi-même pour savoir quoi faire lorsqu’une difficulté apparaît.

 

  • oublier ses progrès

Le cerveau humain a tendance à se focaliser sur ce qui ne va pas, alors qu’une journée difficile permet de voir le changement dans son mode de fonctionnement.

 

Le rôle du thérapeute

Il s’agit d’aider la personne à consolider son nouveau fonctionnement et à vérifier qu’une nouvelle addiction n’est pas en train de s’installer.

Le travail peut porter sur :

  • l’identification des situations à risque ;
  • le renforcement de l’autonomie ;
  • la prévention des périodes difficiles ;
  • l’intégration du changement dans l’identité de la personne ;
  • la confiance dans ses propres capacités.

L’objectif est progressivement de passer de :

« Je fais attention pour ne pas replonger. » à : « Je connais mon fonctionnement et je sais prendre soin de moi. »

 

Et si votre inconscient avait lui aussi besoin de temps ?

Des changements visibles ne veut pas dire que tout sera facile. Le cerveau a encore des traces des réponses automatiques qu’il y avait lors d’une émotion forte, une fatigue importante, une sensation de solitude, un sentiment d’échec., où il se tournait vers la nourriture comme solution immédiate.

L’hypnose peut accompagner cette phase de consolidation en renforçant les nouveaux apprentissages, en aidant à ancrer une nouvelle perception de soi : « Je suis quelqu’un qui sait prendre soin de moi autrement. » et elle peut également continuer à trouver des alternatives adaptées au moment.

L’objectif n’est pas de rester en lutte contre soi mais de reconnaître que de nouvelles solutions existent désormais.

Avec le temps, le changement n’est plus seulement quelque chose que vous faites mais devient progressivement quelque chose que vous êtes.

 

Comment sait-on que l’on est solidement installée dans cette phase ?

Vous remarquez que :

  • vous pensez moins souvent à la nourriture ;
  • vous récupérez plus rapidement après une difficulté ;
  • vous êtes moins dans le contrôle ;
  • vous avez davantage confiance en vous ;
  • vous savez quoi faire lorsque les anciennes envies apparaissent.

La nourriture reprend progressivement sa juste place et n’est plus votre principale source d’apaisement.

 

Si vous vous reconnaissez dans cette phase…

Peut-être avez-vous parfois l’impression de devoir « rester sur vos gardes ».

Mais le véritable objectif du changement n’est pas de vivre toute votre vie en prévention d’une rechute mais plutôt de développer une relation suffisamment solide avec vous-même pour traverser les moments difficiles.

Vous n’avez pas besoin d’être parfaite pour aller mieux.

 

À retenir en une phrase

Le changement durable ne consiste pas à ne plus jamais tomber, mais à se relever autrement lorsque l’on traverse une période difficile.

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