Le sucre est une substance souvent ambigüe pour beaucoup d’entre nous. Selon le moment, nous pouvons l’aimer, le rechercher, l’attendre avec impatience et quelques minutes plus tard le détester, regretter, se promettre de ne plus recommencer, avant de flancher.

 

En bref, le sucre est une substance qui, selon les circonstances, le moment et l’état d’esprit peut être un ami ou un ennemi.

 

Il y a des aliments qui accompagnent des moments de vie au point de devenir bien plus : le gâteau d’anniversaire, le morceau de chocolat après une journée difficile, les biscuits devant un film, la glace en vacances, le dessert chez les grands-parents.

Le sucre peut être associé au réconfort, à la fête, à la récompense, à l’enfance, au partage…

Et puis il y a aussi ce plaisir très simple : manger quelque chose que l’on aime.

 

Pour la même raison, le sucre peut prendre trop de place et devenir un ami envahissant.

On passe alors de « J’aime manger du chocolat » à « Je pense au chocolat alors que je n’ai pas faim. », de « Je prends un dessert parce que j’en ai envie » à « Je ne me sens pas capable de terminer ma soirée sans quelque chose de sucré. »

 

Dans cette phase, on passe de « j’aime le sucre » à « je ne peux plus m’en passer ».

En n’en prenant conscience, il est possible de voir le sucre comme un ennemi. C’est alors qu’une mécanique peut s’installer : on décide de supprimer, on tient, on résiste jusqu’à craquer.

Arrive alors le « foutu pour foutu ».

Ce qui commencé avec une bouchée se transforme en plusieurs heures de grignotage et parfois cela se poursuit pendant des jours voir des semaines jusqu’à une nouvelle restriction.

La nourriture devient alors un ennemi qu’on rejette tout en se critiquant de ne pas être capable de se maitriser.

 

Mais il y a aussi une autre perspective. Celle où l’on peut reconnaitre les effets et les risques du sucre consommé en excès tout en reconnaissant le plaisir qu’il procure. Et en parallèle, chercher à découvrir ce que le sucre comble afin de découvrir la problématique de fond. Ainsi, chaque morceau de chocolat consommé n’a plus à être perçu comme une faute mais plutôt comme une béquille dont on aura plus besoin après de la rééducation.

 

Dans ce cadre, le sucre reprend sa place où il est plus ou moins présent selon les personnes et les moments.

Trop mangé ou alors consommer trop de sucre, trop de mauvais ou encore trop de sel aura des conséquences sur la santé, nous le savons tous.

Et pourtant…

Savoir que l’on risque de prendre du poids. Savoir que l’on dort moins bien après certains repas. Savoir que notre énergie s’effondre ensuite. Savoir que l’on regrettera probablement cette tablette de chocolat, ce paquet de biscuits ou cette soirée à manger sans faim, n’empêche pas le passage à l’acte.

 

Et pourtant, nous nous promettons que ce sera la dernière fois. Parce que ce n’est plus possible de se sentir comme cela. « Je ne veux plus me sentir comme ça, je ne veux plus grossir et me sentir mal, je ne veux plus … »

Et quelques heures ou quelques jours passent, la pulsion et/ou le mal-être revient frapper au plus fort jusqu’à ce que l’on craque. Et dans ces moments-là toutes sortes d’émotions s’enchainent : soulagement suite à la prise, culpabilité d’avoir craqué, mal-être face aux conséquences…

 

Connaître les conséquences et être capable d’agir différemment sont deux choses différentes.

Une addiction à la nourriture a des racines profondes qui comble un manque, un besoin, une gestion émotionnelle…et même en général, un mélange de tout cela…

C’est peut-être l’une des choses les plus importantes à comprendre lorsqu’on cherche à modifier son rapport à la nourriture. Il est essentiel en réalité, de trouver des alternatives pour faire face ou combler les vrais problématiques comme le besoin de calmer, occuper, récompenser, faire patienter, aider à supporter une émotion, créer une pause, faire face à une journée pénible ou taire momentanément une pensée, se faire plaisir…

 

Dans ces cas-là, le cerveau ne pense pas aux conséquences mais plutôt à son besoin immédiat à combler.

 

Le problème n’est donc pas toujours le manque d’information

Certaines personnes pensent qu’il suffit de faire la morale et d’expliquer les calories, les effets du sucre, les conséquences du poids, les risques pour la santé, les mécanismes hormonaux, les conséquences à long terme… En réalité, ce discours, même s’il part d’un bon sentiment, est culpabilisant. Cela aura donc un effet contraire à la démarche initiale.

 

Vouloir aider

Beaucoup de personnes addictent à la nourriture connaissent déjà tout cela. Elles ont lu, essayé, fait des programmes, calculé…

 

Mais il y a plusieurs parts en chacun d’entre nous, conduisant à un conflit entre ce que je veux et ce que je comble.

Le problème n’est alors plus seulement ce qu’il y a dans l’assiette mais plutôt la bataille intérieure qui est épuisante et prend toute la place dans le mental, la nourriture devenant une obsession.

 

Et si la question se posait autrement : « que m’apporte la nourriture ? »

La réponse n’est pas forcément agréable, mais elle sera plus utile qu’un rappel sur les dangers du sucre.

Parce que tout part d’une prise de conscience et à partir du moment où l’on comprend la fonction du comportement, on peut commencer à chercher d’autres moyens de répondre au besoin.

 

Au lieu de supprimer la nourriture, on cherche d’autres alternatives au besoin à combler. Par la suite, il est possible de poursuivre un accompagnement sur les problématiques de fond.

 

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