Je veux changer mais je ne sais pas par où commencer

Je veux changer mais je ne sais pas par où commencer

Si vous lisez cet article, il est possible que vous soyez dans une période un peu particulière.

Vous sentez bien que votre relation à la nourriture vous fait souffrir.

Vous avez peut-être déjà essayé de changer, à plusieurs reprises.

Vous avez parfois réussi pendant quelques jours, quelques semaines, voire plusieurs mois.

Puis les compulsions sont revenues.

Aujourd’hui, une partie de vous aimerait vraiment sortir de ce fonctionnement. Mais une autre partie n’est pas prête à lâcher ce qui, malgré tout, lui permet de tenir.

Bienvenue dans la phase de contemplation.

 

Qu’est-ce que la contemplation ?

Dans cette phase, la personne reconnaît qu’il existe un problème.

Contrairement à la pré-contemplation, elle ne minimise plus vraiment sa souffrance.

Elle voit les conséquences de ses comportements.

Elle aimerait parfois vivre autrement.

Mais elle reste profondément partagée.

C’est ce que l’on appelle l’ambivalence.

Une partie d’elle souhaite changer.

Une autre résiste.

Et ces deux parties ont leurs raisons, le plus souvent la même : prendre soin.

 

Le véritable combat ne se joue pas contre la nourriture

Beaucoup de personnes pensent que leur problème est un manque de volonté.

En réalité, ce qu’elles vivent est beaucoup plus complexe.

La nourriture remplit des fonctions très importantes.

  • Elle apaise.
  • Elle rassure.
  • Elle récompense.
  • Elle occupe l’esprit.
  • Elle calme certaines émotions.
  • Elle permet parfois simplement de survivre à des journées difficiles.

Alors lorsque l’on envisage de la perdre, le cerveau ne voit pas uniquement ce que l’on abandonne.

Il voit surtout ce qu’il risque de perdre.

Et c’est précisément là que naît l’ambivalence.

 

Ce que l’on ressent dans cette phase

La contemplation est souvent épuisante.

On oscille sans cesse entre deux envies.

« Il faut vraiment que j’arrête. »

Puis quelques heures plus tard :

« Je commencerai demain. »

Ou encore :

« Ce n’est pas le bon moment. »

Cette oscillation peut durer des semaines, des mois, parfois des années…

Certaines personnes culpabilise énormément face à leur indécision, alors qu’en réalité, elle est parfaitement normale et fait parti du process.

Changer, ce n’est pas seulement modifier un comportement. C’est accepter de quitter quelque chose qui nous protège, et affronter ce qui a amené à cette addiction initialement et ce qui l’a nourri depuis.

 

Les pensées que l’on retrouve souvent

Dans cette phase, les phrases intérieures ressemblent souvent à ceci :

  • « Je sais que je mange pour gérer mes émotions. »
  • « Je voudrais arrêter, mais je ne sais pas comment. »
  • « J’ai peur d’échouer encore. »
  • « Et si je faisais tous ces efforts pour rien ? »
  • « Je ne suis pas sûre d’en être capable. »
  • « Si je n’ai plus la nourriture, qu’est-ce qui va m’aider ? »

Ces questions sont importantes. Elles montrent que le changement commence à prendre sa place dans votre esprit.

Mais elles révèlent aussi les peurs qui l’accompagnent pour les gérer en amont.

 

Ce qui se passe dans le cerveau

Notre cerveau adore la sécurité et l’économie d’énergie.

Même lorsqu’une habitude nous fait souffrir, elle reste prévisible et donc économique.

À l’inverse, le changement représente une forme d’inconnu.

Le cerveau préfère souvent une souffrance connue à une incertitude.

C’est pourquoi il est fréquent de voir apparaître des pensées qui découragent le passage à l’action, qui plus est lorsque la difficulté initiale n’a pas été réglé.

Ce n’est pas de la paresse.

Ce n’est pas un manque de caractère.

C’est un fonctionnement normal du système nerveux, dont la mission première est de vous protéger. A un moment, une part de soi a fait du mieux qu’elle pouvait pour gérer la situation et aujourd’hui encore, cette même part pense faire au mieux.

 

Pourquoi les régimes échouent souvent à cette étape ?

Beaucoup de personnes pensent qu’elles doivent simplement trouver la bonne méthode alimentaire.

Mais lorsqu’on est en contemplation, le problème n’est généralement pas le manque d’informations.

On sait déjà ce qu’il faudrait faire. Le véritable enjeu est ailleurs.

Il consiste à préparer progressivement le cerveau à accepter le changement et à aller vers la problématique de fond pour la gérer autrement.

Sans cela, chaque régime devient un nouveau combat contre soi-même.

Et plus on lutte, plus le cerveau cherche à retrouver ce qui le rassure.

 

Le rôle du thérapeute

Il cherche à comprendre.

Pourquoi cette partie de vous tient-elle autant à conserver les compulsions ? Que cherche-t-elle à protéger ? De quoi a-t-elle peur ? Quels besoins tente-t-elle de satisfaire ?

Ce changement de regard est souvent libérateur.

On cesse progressivement de voir les compulsions comme un ennemi. On commence à les considérer comme une stratégie de protection qui, un jour, a été utile.

Et lorsqu’on comprend ce que cette stratégie essaye de faire pour nous, il devient possible d’imaginer d’autres façons de répondre à ces besoins.

 

Là où l’hypnose peut devenir précieuse

Contrairement aux idées reçues, l’hypnose ne consiste pas à faire disparaître une envie de manger par magie.

En addictologie, elle est avant tout un outil pour accompagner le cerveau dans son processus de changement.

Lorsqu’une personne est en contemplation, elle sait souvent ce qu’elle voudrait faire.

Mais elle ne le ressent pas encore profondément.

Une partie d’elle reste attachée à ses automatismes.

 

L’hypnose permet justement de travailler avec cette partie plutôt que contre elle.

Elle peut aider à :

  • diminuer certains conflits intérieurs ;
  • explorer les besoins cachés derrière les compulsions ;
  • renforcer le sentiment de sécurité face au changement ;
  • mobiliser les ressources déjà présentes chez la personne ;
  • commencer à construire une nouvelle identité, dans laquelle le changement devient envisageable.

Il ne s’agit pas de convaincre votre inconscient.

Il s’agit de lui permettre de découvrir qu’il existe peut-être d’autres solutions que celles qu’il utilise aujourd’hui.

Car un inconscient ne renonce pas à une stratégie tant qu’il n’en perçoit pas une autre comme étant au moins aussi sécurisante.

 

Comment sait-on que l’on passe à la phase suivante ?

Un changement discret s’opère.

La personne ne dit plus seulement :

« Il faudrait que je change. »

Elle commence à dire :

« Comment pourrais-je m’y prendre ? »

La question n’est plus « Est-ce que je dois changer ? »

Elle devient :

« Par où commencer ? »

C’est le signe que la préparation est en train de s’installer.

Le changement n’est pas encore visible de l’extérieur.

Mais intérieurement, quelque chose est déjà en mouvement.

 

Si vous vous reconnaissez dans cette phase…

Si vous avez l’impression d’être tiraillée entre l’envie de changer et la peur d’abandonner ce qui vous soulage aujourd’hui, sachez que vous n’êtes pas incohérente.

Vous êtes en train de négocier avec un cerveau qui a appris, parfois depuis très longtemps, que la nourriture était une réponse fiable à certaines souffrances.

Cette ambivalence n’est pas un obstacle au changement.

Elle en est souvent le point de départ.

Le rôle d’un accompagnement n’est pas de faire taire vos hésitations.

Il est de leur donner un espace pour être entendues, comprises, puis progressivement dépassées.

Car lorsqu’on cesse de lutter contre soi-même, on découvre souvent que le changement demande moins de force qu’on ne l’imaginait… et beaucoup plus de compréhension.

 

Et si votre inconscient avait lui aussi besoin de temps ?

Dans cette phase, beaucoup de personnes ont l’impression d’avoir dans leur tête « un ange et un diable ».

L’un veut avancer. L’autre freine constamment voir fait marche arrière.

En réalité, ces deux parties poursuivent souvent le même objectif : vous protéger, vous faire du bien, vous calmer…

Simplement, elles ne sont pas d’accord sur la manière d’y parvenir.

L’hypnose permet justement d’explorer cette ambivalence sans chercher à faire taire une partie de vous.

 

Elle offre au contraire, un espace où chacune de ces parties peut être entendue, comprise et progressivement rassurée.

Lorsque le cerveau découvre qu’il existe d’autres façons de répondre à ses besoins de sécurité, d’apaisement ou de réconfort, il devient souvent plus disponible pour envisager le changement.

Le travail ne consiste donc pas à lutter contre votre inconscient.

Il consiste à l’amener, pas à pas, à considérer qu’une autre voie est désormais possible.

 

À retenir en une phrase :

L’ambivalence n’est pas un frein au changement, c’est le changement qui commence.

 

Les phases de changement: je n’ai pas de problème

Les phases de changement: je n’ai pas de problème

Lorsque l’on parle de changement, on imagine souvent une personne motivée, prête à agir. Pourtant, dans la réalité, le changement commence bien avant les premières actions. Il suit plusieurs étapes, décrites par les psychologues James Prochaska et Carlo DiClemente dans leur modèle des phases du changement.

La première s’appelle la pré-contemplation.

C’est probablement la phase la plus mal comprise. Pourtant, elle est essentielle. Sans elle, il n’y aurait pas de véritable changement.

 

Qu’est-ce que la pré-contemplation ?

En pré-contemplation, la personne n’envisage pas encore de changer.

Cela ne signifie pas qu’elle est stupide, faible ou dans le déni total. Cela signifie simplement qu’à cet instant précis, son cerveau ne considère pas le changement comme une priorité ou comme une nécessité.

Selon les personnes, cela peut prendre plusieurs formes :

  • Certaines ne voient réellement aucun problème ;
  • D’autres savent qu’il existe une difficulté mais pensent qu’elle est normale, temporaire ou sans gravité ;
  • Certaines savent qu’elles souffrent mais sont persuadées qu’elles ne peuvent rien y faire ;
  • D’autres encore refusent d’y penser parce que cela leur demanderait d’affronter une souffrance trop importante.

Dans tous les cas, le résultat est le même : le changement n’est pas encore à l’ordre du jour.

 

Ce qui se passe dans la tête de la personne

La pré-contemplation est souvent une période où plusieurs mécanismes psychologiques protègent la personne.

On peut retrouver :

  • la minimisation : « Ce n’est pas si grave. »
  • la comparaison : « Il y a des personnes qui sont bien pire que moi. »
  • la justification : « Avec tout ce que je vis, c’est normal. »
  • l’évitement : « Je préfère ne pas y penser. »
  • la résignation : « Je suis comme ça depuis toujours. »

Ces mécanismes ne sont pas là pour empêcher le changement consciemment. Ils servent souvent à protéger un équilibre psychologique.

Car reconnaître un problème, c’est aussi accepter l’idée qu’il faudra peut-être modifier des habitudes, affronter des émotions, renoncer à certaines stratégies de survie ou remettre en question une partie de son identité.

Et cela demande énormément de ressources.

 

La pré-contemplation dans les compulsions alimentaires

Dans le cadre des compulsions alimentaires ou de l’addiction à la nourriture, cette phase peut être particulièrement difficile à identifier.

Pourquoi ?

Parce que la nourriture est partout. Tout le monde mange. Tout le monde craque parfois.

La frontière entre un comportement « normal » et un comportement problématique paraît souvent floue.

La personne peut donc penser :

« Je suis juste gourmande. »

« J’aime trop le sucre. »

« J’ai un manque de volonté. »

« Quand je serai moins stressée, tout rentrera dans l’ordre. »

« Je pourrais arrêter quand je veux. »

Ou au contraire :

« C’est plus fort que moi, alors à quoi bon essayer ? »

Dans tous les cas, la compulsion continue à remplir une fonction importante : elle calme, elle réconforte, elle anesthésie, elle occupe l’esprit, elle permet de tenir.

La nourriture n’est pas encore perçue comme le problème, mais plutôt vécue comme la solution. Même si cette dernière entraîne ensuite de la culpabilité.

 

Ce que la personne ressent au quotidien

La pré-contemplation n’est pas forcément synonyme d’absence de souffrance.

Au contraire.

La personne peut ressentir :

  • de la honte après certaines crises ;
  • de la culpabilité ;
  • une faible estime d’elle-même ;
  • de la frustration ;
  • un sentiment d’échec répété ;
  • la peur du regard des autres.

Mais malgré cette souffrance, elle n’établit pas encore clairement le lien entre ses difficultés émotionnelles et son comportement alimentaire.

Elle pense souvent que le problème est :

  • son poids ;
  • son manque de discipline ;
  • son incapacité à suivre un régime ;
  • son caractère.

Et non la fonction que remplissent les compulsions.

 

Ce que les proches observent

Les proches ont souvent l’impression que la personne « ne veut pas comprendre ou voir ».

Ils peuvent dire :

« Tu n’as qu’à arrêter. »

« Tu sais bien que ce n’est pas bon. »

« Tu recommences encore ? »

La plupart du temps ces remarques produisent rarement l’effet attendu. Au contraire, elles augmentent souvent la honte.

Et plus le mal-être augmente, plus la compulsion devient nécessaire pour apaiser cette souffrance.

Un cercle vicieux s’amplifie alors.

 

Que fait le thérapeute pendant cette phase ?

Contrairement à ce que beaucoup imaginent, un thérapeute ne cherche généralement pas à convaincre la personne de changer.

Parce que l’élan ne se décrète pas, il se construit.

Son rôle consiste plutôt à créer les conditions pour que la personne découvre elle-même les limites de son fonctionnement actuel.

Cela passe notamment par :

  • une écoute sans jugement ;
  • la création d’une relation de confiance ;
  • l’exploration de l’histoire personnelle ;
  • la compréhension de la fonction des compulsions ;
  • l’identification des bénéfices que procure la nourriture ;
  • la mise en lumière des coûts, sans culpabilisation ;
  • des questions qui favorisent la réflexion plutôt que des conseils.

L’objectif n’est donc pas de supprimer les compulsions.

L’objectif est que la personne commence à se poser une question essentielle :

« Et si autre chose était possible ? »

Lorsque cette question apparaît sincèrement, même timidement, elle entre progressivement dans la phase suivante : la contemplation.

 

Et si votre inconscient avait lui aussi besoin de temps ?

Lorsque l’on découvre l’hypnose, on imagine parfois un truc magique permettant à une personne de changer malgré elle. En réalité, c’est tout l’inverse.

Si une partie de vous ne voit pas encore l’intérêt de changer, votre inconscient n’a aucune raison d’abandonner un comportement qu’il considère encore comme utile.

Dans cette première phase, il n’y a donc pas de travail thérapeutique car il n’y a pas encore conscience de l’addiction.

 

Si vous vous reconnaissez dans cette phase…

Peut-être qu’en lisant cet article, vous vous dites :

« Je ne suis pas sûre d’avoir un problème. »

Prenez le temps d’y penser et la réponse viendra.

 

C’est souvent cette compréhension qui ouvre la porte au premier véritable pas vers une relation plus apaisée avec la nourriture.

 

À retenir en une phrase :

On ne change pas ce que l’on ne comprend pas encore.

Comment l’Hypnose Ericksonienne permet d’agir en profondeur ?

Comment l’Hypnose Ericksonienne permet d’agir en profondeur ?

Qu’est-ce que l’hypnose et comment fonctionne-t-elle ?

 

Pourquoi certaines difficultés persistent ?

De nombreuses problématiques ne sont pas uniquement liées à la compréhension.

Une personne peut savoir :

  • pourquoi elle ressent certaines émotions
  • pourquoi elle répète certains schémas

Et pourtant, continuer à vivre les mêmes situations.

Cela s’explique par le fait que certaines réactions sont automatiques et ancrées à un niveau inconscient.

 

Ce que permet l’hypnose

L’hypnose ericksonienne permet d’agir directement sur ces mécanismes.

Elle ne se limite pas à une prise de conscience, mais vise une transformation plus profonde.

 

L’hypnose : un état naturel

Contrairement aux idées reçues, l’hypnose n’a rien à voir avec les spectacles ou une perte de contrôle.

Il s’agit d’un état naturel que chacun expérimente au quotidien, par exemple :

  • lorsqu’une personne est absorbée par un film
  • lorsqu’elle est « dans ses pensées »
  • ou lorsqu’elle effectue une action de manière automatique

Cet état permet d’accéder à un niveau de fonctionnement différent, plus profond.

 

Déroulement d’une séance

Lors d’une séance d’hypnose, la personne reste :

  • consciente
  • présente
  • active dans le processus

Elle ne dort pas et garde la maîtrise de ce qui se passe.

L’objectif est d’accéder aux mécanismes inconscients qui influencent les réactions, les émotions et les comportements.

 

Les changements possibles

Un accompagnement adapté peut permettre :

  • de modifier certaines réactions automatiques
  • de retrouver une forme de stabilité
  • de reprendre le contrôle de certaines situations
  • de sortir de schémas répétitifs
  • d’apaiser les angoisses

Le changement ne se fait pas uniquement au niveau mental, mais s’intègre également au niveau corporel et émotionnel.

 

Questions fréquentes sur l’hypnose

 

Perd-on le contrôle sous hypnose ?

Non.

La personne reste consciente tout au long de la séance et peut :

  • parler
  • bouger
  • interrompre à tout moment

Rien ne se fait sans son accord.

 

L’hypnose fonctionne-t-elle sur tout le monde ?

L’hypnose est accessible à tout le monde.

Il ne s’agit pas d’un état imposé, mais d’un processus dans lequel la personne est impliquée.

 

Se souvient-on de la séance ?

Oui, la personne reste consciente et garde le souvenir de ce qui s’est déroulé pendant la séance.

 

Faut-il revivre des événements difficiles ?

Tout dépend de la problématique mais tout est fait pour respecter le rythme de la personne.

 

Combien de séances sont nécessaires ?

Le nombre de séances varie selon la situation.

Certaines personnes constatent des changements rapidement, tandis que d’autres ont besoin d’un accompagnement plus progressif.

L’objectif reste un changement durable.

 

L’hypnose est-elle dangereuse ?

Non, lorsqu’elle est pratiquée dans un cadre professionnel.

Il s’agit d’un outil reconnu et utilisé dans différents contextes d’accompagnement.

 

Remplace-t-elle un suivi médical ?

Non.

L’hypnose ne remplace pas un suivi médical ou psychiatrique si celui-ci est nécessaire.
Elle peut être utilisée en complément.

 

Et si cela ne fonctionne pas ?

Lorsque les résultats ne sont pas au rendez-vous, cela est souvent lié à une approche qui ne correspond pas à la problématique.

L’hypnose Ericksonienne vise justement à agir sur des mécanismes qui résistent aux approches uniquement basées sur la compréhension.

 

 

 

L’hypnose Ericksonienne n’est pas une solution instantanée, mais un outil permettant d’agir en profondeur sur certains blocages.

Elle s’adresse particulièrement aux personnes qui ont déjà tenté de comprendre leurs difficultés sans parvenir à les transformer durablement.

Dans ce contexte, elle offre une autre manière d’aborder le changement.

 

Chronique d’une ancienne obèse: obésité et travail

Chronique d’une ancienne obèse: obésité et travail

Bonjour, je suis Nathalie et comme le nom de cette chronique l’indique, je suis une ancienne obèse. Je vais vous raconter mon parcours parce que nos histoires de vie ont beau être différentes, nos processus restent les mêmes…

 

Obésité et Travail

 

Les vacances d’été sont une vraie manne professionnelle pour les jeunes. C’est ce qui m’a permis de trouver mes premiers petits boulots : hôtesse de caisse, employée de blanchisserie, au guichet d’une banque, vendeuse en boulangerie…

Dès l’obtention de mon permis, comme je m’y prenais tôt pour mes recherches, je trouvais tous les étés un job pour financer mes études.

Je n’étais donc pas préparée à la face cachée du monde professionnelle : la discrimination à l’embauche.

 

J’étais naïve, je le suis encore parfois, mais ne pas imaginer le pire chez les gens me convient très bien aussi.

 

Je suis arrivée sur le marché du travail avec une grande question : « qu’est-ce que je veux faire de ma vie ? ». J’ai donc postulé à tout ce qui semblait être dans mes capacités.

Il y avait plusieurs raisons pour ne pas être prise: manque d’expérience, manque de qualification, surdiplômée, études inadéquates, profil ne correspondant pas au poste…mais certains regards et certaines questions subtiles indiquaient autre chose.

 

Un rapport de 2016 sur les discriminations physiques indique :

  • Les femmes subissent deux fois plus de discrimination à l’embauche à cause de leur apparence physique par rapport aux hommes ;
  • Les femmes obèses sont discriminées huit fois plus que les femmes qui ont un Indice de Masse Corporelle normal ;
  • Les hommes obèses sont discriminés trois fois plus que les hommes avec un IMC normal.

Cette discrimination peut perdurer après l’embauche avec des postes sous-qualifiés, moins de promotions, des ruptures de contrats plus fréquentes…

De plus, 45% des demandeurs d’emploi interrogés estiment qu’il est acceptable de refuser un emploi à quelqu’un du fait de sa corpulence.

 

Quelques années plus tard, en CDD dans une entreprise, j’ai pu discuter avec une responsable RH de la discrimination due au poids.

A l’époque, j’avais conscience que cela existait mais je pensais que cela se limitait à certains milieux accès sur la représentation.

Cet échange m’a vraiment fait prendre conscience de tous les préjugés qui existaient sur les personnes comme moi, obèses.

 

Au-delà de l’aspect esthétique comme dans certaines boutiques où il est peu probable de trouver une vendeuse mettant une taille 52, il y a d’autres limitations :

  • Pratique : être obèse implique de prendre plus de place que la moyenne, certains lieux ou certaines structures ne sont pas adaptées ergonomiquement ;
  • Sportif : les métiers nécessitant de rester debout plusieurs heures d’affilées ou impliquant de beaucoup bouger ne vont pas prendre une personne obèse au risque de ne pas savoir gérer la cadence ;
  • Santé : l’obésité est une maladie. Embaucher une personne malade veut dire prendre le risque d’accumuler les arrêts maladies.
  • Incompétence : je n’ai pas compris le lien entre compétence et poids mais c’est un fait, certaines personnes pensent que « obésité » implique « incompétence » ;
  • Fainéant : des kilos en trop impliquent de ne pas faire ce qu’il faut et cette fainéantise se reflète dans tous les domaines de vie pour certains ;
  • Physique : il y a des individus qui vont ressentir du dégoût et/ou du rejet face à une personne obèse.
  • Grossir peut arriver à tout le monde pour différentes raisons et donc il y a souvent une peur cachée, une zone d’ombre inconsciente qui se répercute dans leur comportement.

 

Je n’avais pas conscience de tout cela. Je vivais l’obésité de l’intérieur avec ce que ça impliquait pour moi dans les différents aspects de la vie, avec mes propres limitations,  douleurs et doutes sans imaginer le jugement supplémentaire auquel j’avais droit.

 

D’où viennent tous ces préjugés ?

Toutes sortes d’hypothèses peuvent être proposées avec une accumulation de facteurs mais chercher à en valider une serait une perte de temps et d’énergie.

De plus, la majorité des recruteurs n’ont même pas conscience de faire preuve de discrimination. L’apparence physique et le culte du corps comptent tellement dans la société actuelle, que ce genre d’analyse se passe en dixièmes de seconde dans l’arrière-plan de la conscience. Et la réponse « Non » lors de l’entretien apparait sans justification dans l’esprit de la personne.

 

Il est donc plus important et intéressant de se demander comment changer les choses ?

Je n’ai pas de pouvoir magique et je sais que je ne peux pas faire changer les autres.

Tout part de Soi.

J’ai fait le choix de travailler sur Moi, sur ma vision de la réalité, mon comportement, mes réactions, pour sortir de mon identification à « je suis obèse ». Me mettre moi-même dans un cadre, me rendre malade, m’enfermer dans mon corps pensant que je ne méritais pas mieux, baisser la tête face aux exigences de ce monde, m’ont empêché d’être la fille que je voulais et de vivre tout simplement.

 

En changeant ma perception personnelle et en commençant à me traiter avec davantage de respect, ma vision de la réalité a évolué, mon comportement envers moi-même à changer. Ce n’est plus moi et mon boulet de corps en totale opposition.

 

Toute action a une réaction. Plus de bienveillance envers moi engendre des conséquences positives.

 

Je ne peux pas transformer le monde mais je peux changer la vision que j’en ai et à ma petite échelle contribuer à faire émerger le potentiel de chacun en montrant que derrière les nuages, il y a toujours le soleil.

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10 fausses croyances sur la chirurgie de l’obésité

10 fausses croyances sur la chirurgie de l’obésité

La chirurgie de l’obésité, que ce soit le bypass, la sleeve ou l’anneau gastrique (de moins en moins réalisé) est souvent perçue à travers un prisme de jugements, d’idées reçues et de fausses croyances.

Pourtant, pour les personnes concernées, il ne s’agit ni d’un « choix facile » ni d’une « solution miracle », mais bien d’un parcours de transformation profond, physique, psychologique, et émotionnel, remplie de hauts et de bas

Voici 10 fausses croyances courantes qu’il est grand temps de déconstruire.

 

 

« C’est la solution de facilité »

Faux.
Rien n’est « facile » dans un parcours bariatrique. Entre les démarches médicales, les évaluations psychologiques, les régimes pré-opératoires (pour certaines personnes), les douleurs post-op, les changements radicaux d’habitudes alimentaires, les jugements et peurs des autres et l’ajustement émotionnel, c’est tout sauf une solution de confort.

 

« Après l’opération, on maigrit automatiquement »

Faux.
La chirurgie est un outil, pas une baguette magique. Il y a de nombreux changements derrière. Il faut apprendre à manger différemment, bouger, se réconcilier avec son corps et ses émotions. Il y a une perte de poids les premiers mois mais il y a aussi beaucoup de reprises après quelques années.

 

« On ne peut plus rien manger »

Faux.
On peut manger de tout, mais différemment. En plus petites quantités, plus lentement, en machant correctement avec une attention nouvelle portée aux sensations de faim et de satiété. Il s’agit d’une rééducation alimentaire. Il est d’ailleurs toujours possible de grignoter d’où l’importance de changer son rapport à la nourriture et de sortir de l’addiction.

 

« C’est purement esthétique »

Faux.
La chirurgie bariatrique est une opération thérapeutique, prescrite dans un cadre médical, souvent pour lutter contre des comorbidités comme le diabète de type 2, l’hypertension, l’apnée du sommeil, ou l’arthrose. Elle permet d’augmenter sa durée et ces conditions de vie.

 

« Ça ne demande aucun effort personnel »

Faux.
C’est tout l’inverse. Ce parcours demande un engagement physique, nutritionnel, psychologique et émotionnel. Il faut réapprendre à vivre autrement : se reconnecter à son corps, écouter ses besoins, gérer ses émotions autrement que par la nourriture et ne pas créer une autre addiction (alcool, drogue, tabac…)

« C’est dangereux et risqué »

Partiellement faux.
Comme toute opération, il y a des risques. Mais les techniques sont aujourd’hui maîtrisées et très encadrées. Les bénéfices l’emportent largement pour les patients éligibles, à condition d’un suivi rigoureux avec une prise en charge pluridisciplinaire.

 

« Les patients deviennent carencés à vie »

Partiellement faux.
Avec une bonne prise en charge nutritionnelle et un suivi régulier, les carences peuvent être évitées ou corrigées.

Le by-pass implique effectivement la prise de vitamines et de compléments à vie afin d’éviter les carences. Ce qui pose problème, c’est souvent l’abandon du suivi post-opératoire et une dérive dans le temps.

 

« Tout le monde peut en bénéficier »

Faux.
Il ne suffit pas de vouloir se faire opérer. Il y a des critères stricts : un IMC supérieur à 40, ou supérieur à 35 avec comorbidités, un suivi médical préalable, et une évaluation pluridisciplinaire (cardiologue, pneumologue, psychologue, nutritionniste…). Il ne s’agit pas d’une chirurgie de convenance.

 

« C’est une honte de devoir en arriver là »

Archi-faux.
Derrière l’obésité, il y a souvent beaucoup de souffrances qui ont amené à grossir et en plus la souffrance des kilos moqués, critiqués…

Faire ce choix est un acte de courage, de lucidité, et de soin de soi. Il n’y a aucune honte à demander de l’aide afin de repartir sur de nouvelles bases avec son corps. L’obésité n’est pas un « manque de volonté, c’est une maladie chronique multifactorielle.

« Après, tout rentre dans l’ordre »

Faux.

L’opération ne répare pas l’image de soi, les blessures émotionnelles, ou les troubles du comportement alimentaire. Un accompagnement post-op est essentiel pour éviter les rechutes, construire une nouvelle identité, et retrouver un rapport apaisé au corps et à la nourriture.

 

 

La chirurgie de l’obésité est un nouveau départ, pas une fin en soi. Elle mérite un regard bienveillant et informé, car elle s’inscrit dans un parcours de soin global. Derrière chaque opération, il y a une histoire, des luttes, des efforts, des espoirs, et souvent… une renaissance.

Mais pour que cela dure dans le temps, il est nécessaire de changer en profondeur sa relation avec soi, son corps, la vie…